L’échec de la droite en Amérique du Nord

Quelques jours après la défaite de l’UMP en Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre est pointé du doigt à droite. Le rassemblement derrière sa candidature a échoué au second tour des législatives.

Il étaient cinq candidats à droite au début de l’élection, il n’y en a plus aucun au soir du second tour. Comment expliquer la défaite de l’UMP dans une circonscription que l’on disait gagnée d’avance pour le parti du président sortant. Jusqu’au soir du premier tour pourtant, la droite se voulait optimiste malgré les divisions. Mais le bon score de Corinne Narassiguin au premier tour, 39,65%, a semé le doute. Dans l’entre-deux tours, Emile Servan-Schreiber appelait au rassemblement derrière Frédéric Lefebvre, estimant que « les idées de la gauche n’étant pas majoritaires dans la circonscription, il serait incongru que le premier député d’Amérique du Nord soit socialiste ». Mais le mal était déjà fait et la division au premier tour bien trop entamée pour motiver tous les électeurs de droite à voter pour l’UMP et son candidat Frédéric Lefebvre.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’exemple le plus frappant se trouve à Washington, qui avait voté à 55,07% pour Nicolas Sarkozy lors du second tour de l’élection présidentielle. Mais lors des législatives, la candidate socialiste a créé la surprise en s’imposant avec 52,4% des suffrages exprimés. Si l’on ajoute les voix du premier tour de tous les candidats de droite, hors FN, dans la circonscription de Washington, on obtient 1 451 voix. Au second tour, Frédéric Lefebvre n’a réuni que 955 voix dans cette même circonscription. Le report des voix à droite a été quasi-inexistant.

Le rassemblement prôné, parfois à demi-mot, par les candidats de droite pour le second tour n’aura pas été écouté. Trop d’électeurs ont, semble-t-il, rejeté la candidature de Frédéric Lefebvre, qui n’aura jamais réussi à se débarrasser de son image de « parachuté ». Là où Corinne Narassiguin jouait, elle, la carte de la proximité lors d’une campagne longue d’un an et demi.

Le « parachutage », une forme de colonisation ?

« Le critère local semble avoir été vraiment déterminant dans le choix des électeurs, qui ont préféré la légitimité du terrain à l’étiquette politique et ce malgré le soutien immédiat et total de tous les autres candidats de la droite pour le second tour à Frédéric Lefebvre », constate Julien Balkany, quatrième homme du premier tour. L’élection désormais perdue par son camp, il n’hésite à mettre en cause directement le candidat officiel de l’UMP. « Cette défaite de la droite est inédite mais était malheureusement prévisible de par le choix hasardeux du candidat investi ; probablement une erreur de casting dans une circonscription qui a voté à près de 54% pour Nicolas Sarkozy il y a seulement six semaines. »

Même analyse pour Emile Servan-Schreiber, qui comme Julien Balkany, avait soutenu Frédéric Lefebvre au second tour des législatives. « Espérons aussi que l’appareil UMP hexagonal saura tirer la leçon essentielle de son échec ici. Au delà des idées et du mérite individuel des candidats, c’est le désir légitime d’un peuple à être représenté par l’un des siens qui a primé. Le parachutage est une forme de mépris aussi violente que la colonisation et politiquement aussi périmée. »

L’UMP a désormais cinq ans pour se trouver un chef naturel, local, qui pourra représenter la droite en Amérique du Nord aux prochaines législatives. Le troisième tour à droite ne fait que commencer.

France Amerique

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