Boom sur les résidences secondaires à l’international et Miami en particulier

Les Français retournent en masse à Miami, Marrakech ou à l’île Maurice pour s’acheter des résidences secondaires. A des prix bien plus abordables que sur la Côte d’Azur.

Des immeubles de logement dans le centre-ville de Miami, en Floride. Pour 700.000 euros, on peut s'y offrir une maison de 300 mètres carrés les pieds dans l'eau.

Des immeubles de logement dans le centre-ville de Miami, en Floride. Pour 700.000 euros, on peut s’y offrir une maison de 300 mètres carrés les pieds dans l’eau.

Un compositeur, un gendarme, un notaire et un directeur commercial. En ce dimanche 13 mai, c’est un aréopage improbable qui s’apprête à monter dans l’avion de Corsair à destination de Miami. Ces voyageurs ne sont pas des touristes. Tous ont le même but : acquérir une résidence secondaire en Floride.

Comme eux, de nombreux Français traversent de nouveau les frontières, et les océans, pour s’offrir un coin au bout du monde, de la Floride à l’île Maurice, du Maroc à la Tunisie, du Sénégal aux Seychelles… Un retour en force, après de sévères coups d’arrêt lors de la crise de 2008 et du Printemps arabe. « C’est un vrai phénomène : depuis six mois, la demande afflue et les ventes reprennent », affirme Thibault de Saint-Vincent, PDG de Barnes, spécialiste de l’immobilier haut de gamme.

Ce nouvel engouement ne doit rien au hasard. « Il existe un fantasme de l’ailleurs qui resurgit lorsque l’horizon s’obscurcit », analyse Louis Eudes, fondateur de Delocalia. La perspective de la victoire de la gauche a pu décider certains à s’exiler sous d’autres cieux fiscalement plus cléments. Plus sérieusement, les acquéreurs avancent aujourd’hui de solides raisons de partir. D’abord, pour acheter moins cher : avec 700 000 euros, par exemple, un investisseur peut s’offrir une maison de 300 mètres carrés les pieds dans l’eau à Miami.

Un 65-mètres carrés à 60 000 euros !Pour obtenir l’équivalent sur la Côte d’Azur, « il faut débourser de 2 à 10 fois plus », calcule Thibault de Saint-Vincent. Explication : aux Etats-Unis, les prix ont dégringolé de 40 à 70 % (et à Marrakech, de 25 à 50 %). L’achat à l’étranger paraît, ensuite, un bon choix depuis l’instauration, le 1er février 2012, en France, d’une nouvelle taxation des plus-values, obligeant l’acquéreur à attendre trente ans pour être exonéré. Enfin, les investisseurs ne peuvent plus compter, dans l’Hexagone, sur des rendements attractifs.

Des arguments qui portent. Résultat : les Français redeviennent, après les Canadiens, les premiers investisseurs non américains à Miami. A Marrakech, où ils sont déjà majoritaires, le regain est notoire. Même enthousiasme sur l’île Maurice. « Ce sont nos meilleurs clients », affirme Hugues Lagesse, directeur du développement du promoteur Iorec, à Port-Louis. Pour le programme Azuri, un site de 170 hectares face au lagon dans le nord-est de l’île, les Français (50 % de la clientèle) s’arrachent les penthouses à 575 000 euros ou les appartements à 375 000 euros. Un mouvement amplifié par l’arrivée d’acquéreurs, plus modestes, et plus jeunes, « ravis de pouvoir s’offrir un 65-mètres carrés à 60 000 euros en Floride », raconte Pascal Riout, patron de Synergie Investissements.

Aujourd’hui, même si les prix remontent, « il est toujours temps d’investir », assure Louis Eudes. Surtout que la hausse est compensée par les avantages fiscaux. Certes, un bien domicilié à l’étranger (sauf sur l’île Maurice) est éligible à l’impôt sur la fortune en France. En revanche, la taxation des revenus fonciers et de la plus-value dépend du pays d’accueil : elle est soit minime, soit inexistante.

Cette course autour du monde, qui résonne étrangement en ces temps d’évasion fiscale, ne doit cependant pas s’improviser. « En France, la protection de l’acquéreur est la règle. Pas à l’international », prévient Louis Eudes. Et de citer le cas de compatriotes à Essaouira (Maroc) qui, après avoir payé 95 % du prix de leur bien (250 000 euros), ont dû déchanter lorsque le promoteur a arrêté le chantier et pris la poudre d’escampette ! Autant construire des châteaux en Espagne. Ou attendre le retour des bonnes affaires en France.

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