Mitt Romney remporte la Primaire republicaine en Floride

Mitt Romney a repris l’avantage. Après s’être fait laminer en Caroline du Sud il y a dix jours par Newt Gingrich, il s’est imposé avec une large avance en Floride. 

Ce qui confirme ses chances de remporter l’investiture républicaine. La Floride est un gros État, bien plus représentatif que l’Iowa ou la Caroline du Sud, et Mitt Romney a montré qu’il pouvait river son clou à Newt Gingrich. C’est une sacrée revanche, car Gingrich, il y a encore une semaine, avait le vent en poupe. Mais la bataille des primaires n’est pas finie et risque de se prolonger au moins jusqu’en avril, et peut-être même plus tard, faisant craindre un remake de l’affrontement intense entre Hillary Clinton et Obama en 2008, une bataille qui avait duré jusqu’au printemps.

Si la course à l’investiture se prolonge, c’est d’abord parce qu’il existe toujours une forte résistance à une candidature Romney. Une partie des conservateurs semblent prêts à tout, même à voter pour un personnage aussi controversé que Newt Gingrich, pour bloquer son avance. Ensuite, l’émergence cette année des super PACS, ces comités prétendument indépendants, mais dirigés par des partisans ou des proches des candidats, peuvent dépenser un montant illimité d’argent et soutenir donc longtemps les rivaux de Romney.

Gingrich est un dur à cuire

Enfin, le Parti républicain a changé les règles du jeu. Cette année, plus de la moitié des scrutins sont à la proportionnelle, ce qui empêche d’obtenir rapidement un grand nombre de délégués et encourage les candidats à rester en lice. Même s’ils semblent dans les choux, comme Gingrich. L’ex-speaker de la Chambre a juré de rester dans la course jusqu’à la Convention du parti, fin août, pour empêcher Romney d’obtenir les 1 144 délégués nécessaires. Est-ce juste une déclaration bravache comme il les affectionne ? Pas si sûr. Gingrich est un dur à cuire qui, comme le méchant dans les BD, réémerge toujours même quand on croit avoir eu sa peau. Deux fois, on l’a cru mort et deux fois il a ressuscité, arrivant même, à la surprise générale, à remporter la Caroline du Sud.

Encore faut-il qu’il ait suffisamment de soutiens financiers. Jusqu’ici, il a bénéficié en partie de la multiplication des supports médias sur Internet et des débats télévisés qui lui ont fourni une plate-forme nationale et gratuite. Mais la prochaine phase des primaires s’annonce plus difficile. Un seul débat télévisé est programmé en février. Et il va devoir faire face à la machine Romney qui a repris du poil de la bête.

Romney remonté

Après sa défaite en Caroline du Sud, l’ex-gouverneur du Massachusetts a changé de tactique et s’est mis à montrer les dents, attaquant férocement Gingrich dans les débats sur son rôle de lobbyiste, son comportement fantasque, ses visions grandioses mais peu réalistes d’établir une colonie sur la Lune… On n’avait jamais vu un Romney aussi remonté. Mais surtout, il a lancé une énorme offensive, dépensant plus de 15 millions de dollars – une somme astronomique – en pubs négatives qui ont sapé peu à peu l’avance de Gingrich, incapable de se défendre, faute de fonds suffisants.

Reste que mathématiquement, à cause de la proportionnelle, aucun candidat ne devrait être en mesure de remporter l’investiture avant le mois d’avril au moins, sauf si tous ses rivaux se retirent. Après quatre scrutins et des millions de dollars engloutis, Mitt Romney arrive en tête avec 71 malheureux petits délégués contre 23 pour Newt Gingrich alors qu’il leur en faut 1 144 pour être investi. Prochain rendez-vous important le 28 février pour les primaires de l’Arizona et du Michigan, et surtout le 6 mars, pour le Super Tuesday où une dizaine d’États vont désigner 437 délégués. De quoi faire durer le plaisir…

Le Point 1er Fevrier 2012

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