Le triomphe assuré de Cristina Kirchner en Argentine .

Les sondages donnent la veuve de Nestor Kirchner réélue à la présidence argentine dès le 1er tour, dimanche. 

La victoire de Cristina Kirchner, qui brigue un second mandat présidentiel, ne fait pratiquement aucun doute dimanche, alors que 28,8 millions d’Argentins se rendent aux urnes. Avec près de 40 points d’avance dans les sondages sur ses rivaux, la présidente péroniste de centre gauche est même assurée de l’emporter dès le premier tour. Servie par une croissance record (+ 9 % en 2010) et une opposition divisée, cette ancienne avocate de 58 ans au caractère bien trempé a conquis l’opinion publique, prouvant qu’elle était capable de gérer le pays après le décès, il y a tout juste un an, de son mari, l’ancien chef d’État Nestor Kirchner, véritable homme fort du pays.

«Compagnons, rendez-moi les choses faciles en cette année si particulière qu’il m’a été donné de vivre comme femme et comme présidente», a-t-elle lancé mercredi, d’une voix émue, aux milliers de militants massés aux balcons du Théâtre du Colisée de Buenos Aires, pour son dernier meeting de campagne. «Je veux remercier les 40 millions d’Argentins qui me disaient dans chaque maison, provinces ou usines où je me suis rendue “courage Cristina”», a-t-elle poursuivi, sous une pluie de confettis bleus et blancs, en appelant tous les dirigeants du pays à «l’unité».

Tous les sondages donnent la candidate du Front pour la victoire entre 51 % et 55,4 % des voix, contre à peine 12,4 % à 15,6 % à son principal rival, le socialiste Hermes Binner. «Nous verrons sans doute le plus grand écart de l’histoire du pays entre le vainqueur et son principal opposant», souligne Sergio Berensztein, directeur de l’Institut Poliarquia. Les partis d’opposition ont été incapables de faire contrepoids, observe la politologue Graciela Römer.

«Cristina eterna» 

La réélection de Cristina jusqu’en 2015 portera à douze le nombre d’années au pouvoir des Kirchner. Dimanche, les Argentins doivent également renouveler la moitié des sièges de leurs députés et un tiers des sénateurs. Le gouvernement est assuré de récupérer dans les deux Chambres la majorité perdue en 2009. Fort de son succès, le Parti justicialiste pourrait être tenté de réviser la Constitution afin de permettre une réélection indéfinie de Cristina Kirchner, à la manière de Hugo Chavez au Venezuela. L’idée d’une «Cristina eterna», lancée au début de l’année par une députée issue de la branche la plus radicale du parti, fait désormais polémique.

Mais il faudra pour cela, selon l’article 30 de la Constitution, obtenir le vote d’au moins deux tiers du Congrès. Soit 171 sièges à la Chambre des députés et 48 au Sénat. Or le nouveau Congrès devrait compter, d’après les projections, au maximum 134 députés et 37 ou 38 sénateurs kirchnéristes. Le candidat socialiste à la présidentielle, Hermes Binner a déjà prévenu qu’il s’opposerait à un tel projet. «Nous ne le permettrons pas. La démocratie représentative repose sur l’alternance.» L’ancien chef de gouvernement des Kirchner, Alberto Fernandez, n’y croit pas : «Je ne pense pas que Cristina voudra être éclaboussée par une affaire pareille.»

Le Figaro 21 Octobre 2011

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